Punis, ils doivent quitter le logement
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Punis, ils doivent quitter le logement pendant 2 jours
Nous l’appellerons Eléna, pour garantir sa sécurité. Eléna et son fils ont du quitter leur région d’origine, Eléna a été victime de violences familiales et est toujours menacée. Eléna et son fils sont hébergées depuis juin par l’association « Soutien Femmes Battues » à Saint Louis dans le Haut Rhin dans l’attente d’un relogement dans une autre région.
Vendredi 24 juillet, Eléna appelle la permanence du DAL 68, la directrice de l’association « Soutien Femmes Battues » lui a fait parvenir un courrier avec un gros titre en gras « Avertissement + mise à pied » qui dit cela :
Par la présente, je vous informe que vous n’avez pas respecté le règlement intérieur de notre structure.
- Sont à signaler : Deux absences de rendez vous (Eléna était malade, attestation du médecin signalant qu’elle ne peut se déplacer, demande de fauteuil roulant)
- La non adhésion à l’accompagnement proposé par la structure et le manque de respect vis-à-vis de votre référent. (Eléna n’a jamais refusé l’accompagnement, elle était auparavant dans une autre structure, nous les avons contacté, aucun reproche à Eléna)
- Les règles n’ayant pas été appliquées, vous êtes passible d’une mise à pied qui prendra effet à partir du vendredi 24 juillet avant 17h30. Vous pouvez récupérer la clé de l’appartement où vous êtes hébergée lundi 27 juillet à partir de 9h00 dans les locaux de l’association. Signature
Le DAL lui a conseillé de rester dans les lieux, la procédure de l’association est tout à fait illégale, on ne peut faire sortir d’un lieu un occupant qu’il ait un bail ou non sans décision de justice. La directrice de l’association ne peut faire exécuter la loi à la place de la justice.
Eléna ne dépose pas les clefs et reçoit la visite de la directrice le vendredi soir, elle a refusé de sortir. Celle-ci a téléphoné au commissariat, l’agent de service fait comprendre à Eléna par téléphone que la directrice est dans son droit. Méconnaissance des procédures et de la loi par l’agent du commissariat.
Finalement, la directrice de l’association lui propose de la mettre à l’hôtel jusqu’à lundi. Eléna demande si elle aura droit aux repas pour elle et son fils, refus de la directrice. Tout la scène est entendue par des locataires de l’immeuble avec qui Eléna entretient de bonnes relations. Des locataires vont prendre en charge Eléna et son fils et lui proposeront de l’héberger. Eléna ne veut plus retourner dans les lieux, les voisins l’accueilleront le temps pour elle d’avoir un relogement dans une autre région.
Eléna a déjà souffert par son vécu, cela n’était pas nécessaire d’en rajouter. La réaction de la directrice de l’association est complètement incohérente et relève d’une pratique condamnable, irrespectueuse des droits. Ce type de punition reste heureusement marginale mais n’est pas digne d’une intervention sociale compréhensive et éthique.
Nous avons souhaité parler de l’histoire d’Eléna afin que ceux qui sont considérés « sans droits » sachent bien que l’on ne peut pas tout faire. Il ne s’agit pas de condamner l’action de nombreuses structures qui accompagnent les plus fragiles, leur action est essentielle, elles sont pour la plupart respectueuses de pratiques sociales envers les plus fragiles, malgré les difficultés rencontrées. L’histoire d’Eléna relève de l’appréciation d’une situation par une personne mais cela ne devrait pas arriver.
Eléna ne sait pas laissée faire,
Elle a encore sa dignité et continue de se battre malgré toutes ses difficultés.






