Monsieur le Préfet du Morbihan !
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Lettre ouverte à Monsieur le Préfet du Morbihan.
Nous constatons avec regret la difficulté de nouer un vrai dialogue avec la Préfecture qui semble préférer pratiquer la désinformation, en jouant sur les mots, plutôt que reconnaître la réalité de problèmes qui, pourtant, sont bien réels.
Ainsi, par exemple, le 9 novembre, dans un entretien téléphonique accordé à une télévision, le représentant du Préfet a-t-il affirmé que, toutes les familles faisant le 115 (numéro d’urgence sociale) se voient proposées des solutions correspondant à leurs besoins. C’est sous-entendre, et même affirmer, que les familles hébergées par le Collectif « Urgence Un Toit Pour Tous » ont refusé les logements qui leur ont été proposés. C’est faux bien évidemment, et il est honteux que l’État cherche ainsi à nier ses carences dans ce dossier. Nous en voulons pour preuve que la seule famille qui s’est réellement vue proposer un logement y est installée depuis 1 mois bientôt.
Pour les autres personnes (3 familles et leurs enfants ) il n’a été proposé que des nuitées en hôtel sans précision quant à la durée et sans aucune aide ni accompagnement. Comment imaginer la vie d’un couple et ses 3 enfants de 12 ans, 9 ans et un bébé de 6 semaines dans une chambre d’hôtel, sans ressources, sans possibilité d’y cuisiner les denrées données par les associations caritatives, sans soutien ?
La circulaire du 24 mai 2011 sur l’hébergement d’urgence dit pourtant clairement que « l’État doit fournir hébergement, habillement, nourriture et accompagnement social » et que « l’hébergement doit se faire dans des structures collectives ».
La FNARS (Fédération Nationale des Associations d’Accueil et de Réinsertion Sociale) rappelle, elle aussi, que juridiquement toute personne a le droit d’être accueillie et accompagnée dans leurs structures quel que soit son statut administratif et qu’elle a le droit à des moyens de subsistance décents.
Nous ne doutons pas que les nuitées peuvent être des réponses envisageables pour certains publics, mais pas pour des familles avec enfants ! Le Code de l’Action Sociale et des Familles précise que ces dernières sont prioritaires pour des places en centre d’hébergement.
Proposez-leur, Monsieur le Préfet, ce type de réponse et vous verrez qu’elles ne refusent pas un logement contrairement à ce qui a été dit ! Nous pourrons alors fermer la porte du 49 rue de Kerlin à Lorient. Nous ne demandons pas mieux.
Ce nouvel épisode met en lumière l’utilité d’une rencontre que nous sollicitons, en vain, depuis plus de deux mois maintenant. Et c’est une bonne occasion pour vous redire notre disponibilité.






