Menace d’expulsion à Gravelines
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Climat électrique avec le DAL.
- Le cas des agents de la centrale logés par EDF inquiète encore l’association du droit au logement.
Il ya deux ans, une première réunion de protestation de locataires de cités EDF, sur Gravelines, s’était tenue. Le DAL s’était emparé de la question. Aujourd’hui, l’association exige « des solutions concrètes autour d’une table ronde. » Il tempête, tape du poing sur la table, élève la voix, Alain Halladj, le Dunkerquois, se dit révolté par la situation du logement, notamment le cas des locataires de cités EDF sommés, après un préavis d’usage, de quitter leur domicile. Face à l’exigence « d’astreintes » EDF loue, via Safran, 750 logements sur Gravelines, Grand-Fort-Philippe, Oye-Plage, Loon-Plage, Marck-en-Calaisis et Cappelle-la-Grande.
Deux Gravelinois, après des jugements du tribunal de Dunkerque, tombent sous le coup d’une telle mesure. Le coordinateur du DAL (Droit au logement) sur le littoral entrevoit la fin de la trêve des expulsions, mi-mars ; et « deux personnes jetées à la rue ». Ou presque... car les différentes procédures en justice pourraient allonger le délai. Ce sont précisément cinq dossiers d’ex-salariés de la centrale nucléaire EDF de Gravelines amenés à quitter leur logement de fonction que le DAL dit suivre.
Jacques-Alain Bednarz est de ceux là, l’un des plus virulents aussi. « Je n’en démordrai pas ! », prévient-il. En retraite depuis un an et demi, il dit avoir effectué des recherches immobilières les deux années auparavant, sur Gravelines et dans les environs. Sans succès.
David, en retraite depuis presque un an, déclare avoir déposé des demandes de logement auprès des bailleurs sociaux depuis deux ans. Vingt-cinq ans qu’il habite là, et plus de trente ans sur la commune. En juillet, il devra quitter les lieux. « Je me trouve en sursis actuellement, car le logement va être mis en vente, mais aucune proposition n’a été encore mise sur la table ».
Entre 185 000 euros pour un T4 à 202 000 euros pour un T5, ils trouvent l’addition salée. « Pourquoi EDF veut-il vendre des maisons habitées, alors que d’autres sont inoccupées ? », s’interroge Alain Halaldj. « Vendre est la seule solution qu’EDF a trouvé pour chasser des locataires sans histoire, payant leurs loyers sans retard, sans problème de voisinage. Leur seul but : la spéculation immobilière ».
Les deux ex-salariés d’EDF se trouvent confrontés à un dépassement de leurs revenus vis à vis du plafond de ressources leur permettant d’accéder à un logement social. « Ce seuil a baissé : on se retrouve coincé », explique un salarié en retraite dans deux ans, et qui depuis trois ans demande une maison.
« Je veux des choses concrètes sinon le DAL prendra des mesures plus radicales » Difficile de se voir résider ailleurs. En poussant les portes des agences immobilières, il constate que les loyers demandés représentent le double de l’actuel. Surtout, comme ses collègues, « c’est à une certaine sécurité du logement à laquelle nous aspirons », constatent-ils en chœur. « Nous ne voulons pas avoir un couperet au-dessus de nos têtes tous les trois ans, menacés d’expulsion par le truchement d’une décision de vendre du propriétaire ! ».
Tous disent ne pas s’arrêter sur le montant du loyer. « Nous sommes bien conscients d’une part qu’une fois en retraite nous devions quitter notre logement. Et que nous aurions dû nous acquitter d’un loyer mensuel plus élevé. Il nous faudrait cependant plus de temps pour se retourner ou du logement social ».
Mais que veut le DAL ?
Une table ronde avec EDF, les organisations syndicales, les responsables des locations, la mairie de Gravelines, les parlementaires, sur Gravelines et dans toutes les villes proches des centrales se trouvant avec un tel parc immobilier... « Que les autres associations (CNL, CLCV...) se regroupent avec nous. Le DAL fait des propositions concrètes : appliquons la loi de réquisition de 1948. Je suis abasourdi de constater des logements vacants pendant des années et des années, finalement détruits car en mauvais état. Que les bailleurs sociaux s’impliquent en rachetant ces logements », suggère Alain Halladj.
« Il ne faut pas dire que le DAL n’est composé que d’anarchistes. Deux ans qu’on négocie. Ça suffit, on tourne en rond » Le bénévole, confronté à des situations parfois beaucoup plus tendues encore, plaide « pour une réelle politique du logement ».
Le Dunkerquois dit avoir mobilisé des adhérents actifs, rompus aux « actions coups de poing », sur Paris ou Lille. On entendra peut-être parler d’eux bientôt. En tous les cas, certainement au niveau national, car des médias s’intéressent à la situation du logement des ex-agents EDF, la télévision avec France 3 et la presse écrite avec Le Monde.
- Ludovic Boutin (lepharedunkerquois.fr)
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