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Bidonvilles et mal-logement à La Réunion

D’un bidonville à l’autre.

Après les cas de saturnisme à l’Oasis, nouvelle illustration du mal logement au Port. Des associations se sont rendues hier dans un bidonville de la rue de Montpellier, où six familles précaires font l’objet d’une expulsion.

Contraste saisissant, rue de Montpellier, au Port. À quelques mètres du chantier d’une grosse opération immobilière (programme Malacca et Florès, 130 logements sociaux et privés), six familles d’origine mahoraise vivent dans des conditions totalement insalubres.

Patate Chaude
Cases en tôle percées, cuisine et sanitaires d’un autre temps, mare d’eau boueuse au pas des portes… Ces occupants d’infortune, sans titre, font l’objet d’une procédure d’expulsion. Parmi eux, une gramoune de 85 ans, à moitié aveugle, invalide, abandonnée à sa misère.

« Ça fait mal au coeur de voir ça », lâche Erick Murin, responsable du Cran-Réunion, initiateur de cette visite de terrain avec l’association Droit au logement (DAL) et Urgence solidarité du Port. Alertées par la révélation des cas de saturnisme dans le quartier de l’Oasis, la semaine dernière, ces associations montent au créneau pour réclamer « des mesures urgentes d’accompagnement sociales pour les familles mal logées du Port ».

Jean-Yves Sinimalé, président du DAL, déplore le manque de réaction des autorités. « En novembre 2009, nous avons alerté le ministère de l’Outre-mer sur la détresse de ces familles de l’Oasis. En janvier 2010, le ministère a demandé au préfet d’intervenir. Depuis, rien n’a bougé d’un pouce. Si on avait pris des décisions à l’époque, des enfants ne seraient peut-être pas malades du plomb aujourd’hui ».

Erick Murin, qui a rencontré le maire du Port la semaine dernière, dénonce lui aussi « un problème d’accompagnement ». « Les crédits dédiés au logement sont en baisse. Les communes attendent un signe de l’État qui demande aux collectivités de patienter. En attendant, des drames se jouent ».

Jean-Yves Sinimalé a sollicité Richard Boisson, le sous-préfet à la Cohésion sociale, concernant le sort des familles de l’Oasis. Ce dernier l’a renvoyé vers son homologue, Thomas Campeaux, sous-préfet de Saint-Paul…

Le Port sinon rien
Lassées de cette situation, les associations sont décidées à agir. À leur niveau. En appuyant les quelques demandes de relogement formulées par les familles. C’est le cas de Kamaria Mohamed, une des riveraines du bidonville de la rue de Montpellier. Cette mère de famille de trois enfants multiplie les demandes d’appartement depuis dix ans, auprès de la Sodiac, de la SIDR, de la Semader. En vain.

« Mon fils aîné est malade, il fait des crises. J’ai adressé des certificats médicaux avec les dossiers. On devrait être prioritaire, non ? » Problème, elle n’entend pas quitter la commune du Port. De peur de perdre ses repères. D’être déracinée de sa communauté. Or, comme l’a rappelé le maire Jean-Yves Langenier mercredi dernier, les places libres manquent cruellement. 2 500 demandes de logements sociaux sont en souffrance au Port. Le taux de vacances des HLM est quasi nul (0,2%). Plus de mal logés, moins de logement. Une réalité sociale qui, hélas, se multiplie plus vite que les chantiers de RHI…

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